Quatre scénarios pour 2011 (Bill Bonner)

▪ Le rien n’engendre rien. Mais qu’engendre le quelque chose ?

Avez-vous vu ce qui s’est passé ? Les détentions de la Fed ont dépassé les 2 000 milliards de dollars pour la première fois de l’histoire.

Il a fallu 95 années pour faire passer les positions de la Fed à 600 milliards de dollars.

Ensuite, en trois ans, elle a ajouté 1 400 milliards supplémentaires. Ce n’est pas rien.

Extraordinaire, non ? Epoustouflant, isn’t it ? Incroyable, n’est-ce pas ?

Pourtant, les autorités s’attendent à ce que cette explosion d’actifs de la Fed produise un simple pétard de reprise. Ils attendent — ou espèrent — que cette hausse fantastique de la masse monétaire du système bancaire américain provoque un rebond assez ordinaire de l’économie américaine.

Le taux d’inflation (IPC) n’est que de 1%… ils pensent qu’il ira à 2%. Les rendements obligataires de long terme devraient grimper un peu eux aussi — mais pas trop. Les experts de l’investissement prédisent une augmentation de 10% des prix des actions en 2011. Quasiment tous les économistes parlent d’une « reprise qui se raffermit progressivement ». Le chômage devrait baisser un peu. Les prix de l’immobilier US devraient se stabiliser… et même grimper.

En d’autres termes, un monstre d’inflation monétaire ayant pris le mors aux dents devrait engendrer une reprise de la taille d’un têtard.

Nous avons parlé par le passé du fait que rien ne vient de rien… et qu’on ne peut pas produire de richesse réelle avec un ersatz de devise. Mais que pensez-vous de ça ? Là, la Fed est en train de faire une chose énorme. Trois fois plus énorme que tout ce qu’elle a fait depuis 1913.

Pourtant, les économistes s’attendent à ce qu’il ne passe pas grand’chose.

Est-ce vraiment probable ? Les autorités ne savent pas ce qu’elles font. Elles jonglent avec des bombes nucléaires… et testent des virus contagieux sur des populations qui n’en savent rien.

▪ Que pourrait-il se passer ?

Voici quelques suppositions :

1) Cela va créer de nouvelles bulles spéculatives. Nous ne serions vraiment pas surpris de voir le pétrole atteindre et dépasser les 100 $, par exemple. Jusqu’à présent, l’argent de la Fed ne passe pas dans l’économie réelle. Mais il est disponible pour les spéculateurs. Et lesdits spéculateurs parient qu’ils peuvent gagner plus d’argent avec les matières premières qu’avec les T-Bills américains. Alors ouvrez l’oeil. Il est très probable que vous voyez des bulles en 2011.


2) Les marchés émergents pourraient grimper en flèche. Imaginez que vous soyez trader chez Goldman Sachs. Vous pouvez emprunter des dollars pour rien. Qu’allez-vous faire avec ? Les investir dans les économies au développement le plus rapide de la planète ! Si vous avez de la chance, vous obtiendrez un rendement de 10%… peut-être 20% — sur l’argent de quelqu’un d’autre. Et si vous n’avez pas de chance ? Qui s’en soucie ? Ce n’est pas votre argent. Et vous n’allez pas faire faillite. La Fed vous donnera plus d’argent.


3) L’or ira à 1 500 $. Pourquoi pas ? Le FMI vient de terminer ses ventes. La Chine, l’Inde et d’autres économies émergentes accumulent leurs réserves. Les spéculateurs commencent à intégrer le marché haussier le plus grand et le plus fiable du monde financier. Même les investisseurs individuels commencent à comprendre qu’il se passe quelque chose.

En passant dans l’aéroport de Miami la semaine dernière, nous avons remarqué un distributeur automatique d’or ! Nous en avions entendu parler, mais c’était la première fois que nous en voyions un. Serait-ce surprenant si de plus en plus d’individus ordinaires commençaient à imiter les riches, qui achètent de l’or depuis des années ? Imaginez si les gens réalisaient que leur banque centrale travaille désormais contre eux… et qu’ils doivent donc maintenir leurs propres réserves monétaires ? Nous pourrions facilement voir l’or dépasser les 1 500 $ en 2011.

4) Les rendements obligataires US grimperont… le marché obligataire commencera à se disloquer. On aurait dit que ce phénomène avait débuté il y a une ou deux semaines. Les obligations baissaient alors que Ben Bernanke essayait de les faire grimper. Tôt ou tard, ça doit arriver. Les investisseurs doivent finalement réaliser qu’acheter de la dette américaine est une stratégie dangereuse : la Fed essaie activement de réduire sa valeur. Et s’il y a une chose que la Fed est censée savoir faire, c’est bien saper la valeur de la dette américaine. Après tout, les autorités contrôlent la devise dans laquelle elle est calibrée.

En contraste avec ces perspectives bouillonnantes et prodigieuses, il y a un risque assez significatif de voir tout le système exploser.

Les actions américaines pourraient s’effondrer. Les bulles pourraient exploser.

Le chômage, l’immobilier, les ventes, l’inflation des prix à la consommation — tout ça pourrait empirer.

Et ensuite ? Ensuite, le dollar et la dette américains grimperont !

Eh bien, qu’est-ce que ce sera, vous demandez-vous probablement. L’inflation ou la déflation ? Le boom ou le krach ?

Notre réponse ? Oui !

Tout ça arrive. Si non en 2011… alors plus tard.

Bill Bonner

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