L’infernal yo-yo des marchés devrait se poursuivre (Par Marc Mayor)

Depuis 2007 les marchés actions c’est :


– deux années de baisse ;
– un effondrement post-Lehman ;
– un beau rally en 2009 ;
– et un krach express en mai dernier que personne n’arrive à expliquer.

Et tout ça pour quoi ? Pour aucun gain net sur une période de 10 ans ! Il vaudrait mieux vous habituer à cette volatilité des marchés, car les autorités ne semblent pas prêtes à laisser arriver les conditions qui pourraient mettre fin à ce yo-yo infernal.

Ces conditions sont au nombre de trois, selon Andy Kessler, l’ancien gérant de hedge fund qui a fait fortune dans les valeurs technologiques en sortant avant l’effondrement de la bulle Internet des années 2000. Bref, le gars en connaît un rayon sur les marchés.


Andy Kessler expliquait récemment sur FoxBusiness que les investisseurs n’ont, pour le moment, rien de solide à quoi se raccrocher. La faute à qui ? A la Fed et à sa politique de taux zéro, pour changer !

Une politique qui a, en plus, un effet collatéral non négligeable : en mois de cinq ans, Ben Bernanke a fait passer la masse monétaire américaine de 850 milliards de dollars à 2 200 milliards de dollars — comme en témoigne le graphique ci-dessous. Série en cours : l’ami Ben a été réélu pour quatre ans en février dernier !

Normalement, les investisseurs comparent les performances des actions et les rendements des obligations, grâce à leurs modèles ultra-sophistiqués, puis arbitrent en faveur de telle ou telle classe d’actifs. Actuellement, « avec des rendements des T-Bills à zéro et des rendements des obligations proches de rien du tout, on ne peut pas comparer le marché à quoi que ce soit de fiable« , affirme Kessler.

Conséquence : les marchés manquent d’une direction claire et toutes sortes de nouvelles, bonnes ou mauvaises, sont reflétées dans les cours. Le battement de cil d’un trader cocaïnomane à Wall Street provoque une tornade boursière aux quatre coins du globe. D’où le yo-yo actuel. Le manque de stabilité et d’horizon est tel qu’il faudra bientôt distribuer des sacs à vomi dans les salles de marchés !

Dans des conditions normales, un marché haussier progresse en s’appuyant sur une suite d’inquiétudes qui peuvent être dépassées. Et quand il n’y a plus d’inquiétudes, le bull market touche un pic et se retourne. A l’inverse, un bear market résulte de l’accumulation de mauvaises nouvelles, un déluge pessimiste qui emporte tout sur son passage.

Le yo-yo actuel des Bourses se situe entre ces deux cas de figure. D’où l’instabilité et les sacs à dégobillage. Il sera possible de revenir sur les marchés quand trois conditions auront été remplies, estime Kessler. Ou au moins une des trois.

La première : « que l’Europe fasse défaut, car l’Europe va exploser de toute façon. » La Grèce, l’Irlande ou l’Espagne vont faire faillite, prévoit Kessler, même si la Commission européenne fait tout pour que cela ne se produise pas. Mais quand ce qui doit arriver arrivera, le S&P500 perdra mille points et il vaudra mieux ne pas se trouver dans les parages à ce moment-là !

Deuxième condition, qui est très similaire à la première : la Californie. Elle aussi va probablement imploser, poursuit l’ex-gérant de hedge fund, probablement à cause de ses engagements en termes de retraites à payer. Mêmes conséquences que si un pays européen fait défaut.

Troisième nécessité, enfin : que la Réserve fédérale relève ses taux. Cela modifiera la perception du marasme ambiant, les modèles mathématiques des grands investisseurs se retourneront et le marché deviendra un régal pour les stock pickers.

Sommes-nous sur le point d’assister à l’un de ces trois bouleversements ? Probablement pas, car les autorités freinent des quatre fers de chaque côté de l’Atlantique. La Fed a repris en août l’assouplissement quantitatif qu’elle disait avoir abandonné en mars. Son nouveau programme de quantitative easing — QE 2.0 — ressemble de plus en plus à un emplâtre étouffant un malade sous respiration artificielle.

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