Les Belges champions de l’épargne : un record et un paradoxe (Par Amid Faljaoui)

Commentaire Debreda Rocha :

L’ignorance du peuple, le pousse à avoir confiance dans du papier.
Pour combien de temps encore ?
Lors de la prochaine crise, ce même peuple va enfin comprendre que l’or est son dernier refuge.

L’information a une nouvelle fois étonné. Les Belges sont décidément les champions de l’épargne, en tout cas au sein de la zone euro.

La Banque nationale de Belgique a livré les derniers chiffres finalisés au mois de juin. On y apprend que les Belges ont déposé 203 milliards d’euros sur leurs comptes d’épargne

Un record historique… mais aussi un paradoxe, car le Belge place une bonne partie de son épargne dans un produit qui ne rapporte pas grand-chose.

On a beau le lui dire depuis un an et demi, il continue de plus belle.

La preuve, c’est qu’entre janvier et la fin de juin 2010, il a déposé 14 milliards d’euros supplémentaires, ce qui aboutit à ce montant phénoménal de 203 milliards d’euros.

En réalité, le Belge sait ce qu’il fait. Comme il a peur du chômage et que l’avenir ne lui semble pas encore très clair, il préfère la sécurité au rendement.

Entre une Bourse qui lui promet des rendements plus élevés mais incertains, et son compte d’épargne au rendement maigrichon mais certain, il a fait son choix, celui de la sécurité.

En outre, il dispose de la garantie de l’Etat à hauteur de 100.000 euros. Il est vrai que le passage d’une garantie de 20.000 euros à 100.000 euros a servi d’aspirateur pour les livrets d’épargne.

Ce n’est pas tout, le Belge a également – à tort ou à raison – le sentiment qu’il n’existe pas d’alternatives plausibles.

L’or se porte certes bien, même s’il a perdu un peu de sa superbe au cours des dernières semaines. Mais le métal jaune reste un placement d’appoint, pas un placement «de fond», si je puis dire.

Quant à la Bourse, elle est très volatile et semble réservée à un public averti. Chat échaudé craint l’eau froide : en moins de 10 ans, les investisseurs ont dû subir trois crises majeures, celle de la bulle Internet, la deuxième liée aux attentats du 11 septembre et la troisième, on n’ose plus dire la «dernière», engendrée par les subprimes.

Si l’on sait qu’en 13 ans, le Bel 20, l’indice phare de la Bourse de Bruxelles, a fait du surplace, il sera difficile, très difficile de convaincre les Belges de revenir en Bourse.

Une étude récente indiquait que seuls 5 % de nos concitoyens comptaient revenir sur ce marché. Il faudra donc attendre encore un peu.

Au fond, le meilleur signal de reprise de la Bourse, ce sera lorsque ces 203 milliards d’euros auront commencé à déserter ces bons vieux livrets d’épargne vers d’autres produits. Sans doute une question de mois.

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