Ce que l’or nous dit de l’état du monde

La fin de l’empire américain

Ces maux sont précisément ceux que les nostalgiques du système de l’étalon or dénoncent depuis des années. A leurs yeux, le rythme effréné auquel les grandes banques centrales font tourner leurs planches à billets annonce une inexorable perte de crédibilité des emprunts et de monnaies des vieilles puissances. La fin de la version actuelle de «l’exorbitant privilège» américain dénoncé en son temps par de Gaulle. Au profit de l’or.

«En 1980, le marché avait entraîné le cours du métal jaune à un niveau tel [ndlr: environ 2400 dollars actuels] que les réserves d’or des Etats-Unis couvraient plus de 100% de leur base monétaire; pour atteindre ce niveau aujourd’hui, il faudrait que l’once dépasse les 7000 dollars», calcule la maison genevoise Uram.

Ces craintes ont gagné nombre d’investisseurs. En 2009, les ventes de pièces d’or aux Etats-Unis se sont envolées de 80%. A ces achats se mêle une spéculation frénétique: l’ensemble des ETF – produits financiers permettant d’éviter aux investisseurs de devoir détenir des lingots – règnent sur 2068 tonnes de métal; davantage que les réserves officielles helvétiques.

La peur retombe, l’or aussi

Depuis le début de l’été, la belle mécanique du pire sur laquelle prospère le métal jaune s’est pourtant interrompue. La Grèce n’a pas arrêté de rembourser ses emprunts, l’euro ne s’est pas effondré. En un mois, l’or a reperdu 8% de sa valeur, pour revenir à 1157 dollars l’once mercredi. Cet apaisement des craintes pourrait «forcer l’or à décliner jusqu’à 850 dollars», admet Stefano Rodella, responsable du bureau de recherche genevois AtonRâ. «A nos guichets, la tendance est plutôt de voir les clients vendre leurs pièces pour profiter de la hausse», ajoute Jean-Noël Duc, directeur général de la Banque Cantonale de Neuchâtel.

Pour Stefano Rodella, ce répit n’aura qu’un temps. A ses yeux, la volonté intacte des Etats-Unis de soutenir leur économie – en imprimant toujours plus de monnaie – annoncera tôt ou tard une remise en cause du rôle de refuge joué par le dollar. «A moins d’une reprise économique extrêmement forte aux Etats-Unis, les investisseurs américains vont se retrouver – comme leurs homologues européens il y a neuf mois – confronté au risque d’écroulement d’une montagne de dettes et de déficits publics».

A ses yeux, «la prochaine remontée de l’or – violente – sera nourrie par les achats américains».

Et si les banques centrales continuent en parallèle d’accumuler des réserves de métal – ce qu’elles ont commencé à faire en 2009, pour la première fois depuis vingt ans – l’or pourrait revenir «vers 2400-2500 dollars, ce qui correspond – actualisé – aux records touchés en 1980», prévient AtonRâ.

http://lupus1.wordpress.com/2010/08/02/ce-que-l%E2%80%99or-nous-dit-de-l%E2%80%99etat-du-monde/

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